Dans cet épisode du Family & Business Podcast, Jonathan Chaignon reçoit Caroline Poissonnier, directrice générale du Groupe Baudelet. Elle revient sur la transmission entre la 2e et la 3e génération, la réinvention du projet familial avec son frère Jean‑Baptiste, et sa conviction d’un leadership plus humain, où l’hygiène du dirigeant et le bien‑être des équipes deviennent des leviers de performance durable.
Au programme de cet épisode :
- Transmission réussie: anticipation patrimoniale et clarification des rôles ont évité la “présence fantôme” de l’ancienne génération. La vraie difficulté se joue dans le leadership et l’alignement, pas seulement dans le juridique/fiscal.
- Réinvention par la next gen: diversification structurée (environnement, énergie, commerce, bien‑être) pour concilier visions, envies et complémentarités entre frère et sœur.
- Leadership du “kiff”: prendre soin du dirigeant et des équipes n’est pas un luxe, mais une condition d’exécution (clarté mentale, qualité des décisions, engagement).
A écouter sans tarder !
Que retenir de ce podcast ?
Un passage de relais éclairant: préparer, clarifier et déléguer vraiment
Caroline Poissonnier et son frère Jean‑Baptiste représentent la 3e génération du Groupe Baudelet (créé en 1964 par leur grand‑père). Le récit de la transmission met en relief quelques points structurants:
- La génération précédente a souffert d’une présence trop durable du fondateur au cœur de l’entreprise. En tirer les leçons a prévenu la génération suivante contre ce risque.
- Jean‑Baptiste et Caroline ont intégré l’entreprise tôt, construit leur légitimité par l’opérationnel, puis accédé progressivement à la direction générale (≈10 ans).
- Les parents ont choisi, une fois la direction assurée, de se retirer réellement, tout en ayant anticipé la transmission patrimoniale.
Idée forte: une transmission se joue autant sur le plan humain (légitimité, rôles, confiance) que patrimonial. Clarifier “qui décide de quoi, quand, et comment” évite les demi‑décisions et les tensions latentes.
Réinventer le projet familial: concilier visions et complémentarités
La 3e génération a dû concilier deux ambitions différentes:
- Jean‑Baptiste: attachement au cœur de métier (environnement/déchets), ancrage régional, pilotage opérationnel.
- Caroline: envie d’élargir le projet, interventions publiques, sujets de transition et entrepreneuriat “au‑delà du core”.
Pour éviter le “tirage à hue et à dia”, les deux dirigeants ont:
- formalisé leurs zones de plaisir et de talents,
- ouvert la voie à une diversification clarifiée pour l’interne et l’externe (environnement, énergie – photovoltaïque et sobriété, commerce B2B, fournitures industrielles, et bien‑être),
- posé une gouvernance de co‑direction outillée (coach/médiateur pour trancher sans “demi‑décision”).
Message clé: on diversifie “quand l’entreprise va bien”, pas au pied du mur. On teste, on ajuste, on peut ralentir ou revenir en arrière si nécessaire. Le cap stratégique se relie aux personnes et à ce qu’elles peuvent et veulent réellement porter.
“Une demi‑décision = des ennuis au carré. Mieux vaut trancher clairement, avec l’aide d’un tiers si nécessaire.”
Leadership du “kiff”: la santé du dirigeant comme condition d’exécution
Caroline Poissonnier assume une ligne claire: le dirigeant n’est ni un “super‑héros” ni un robot. Sans clarté mentale et sans énergie, les arbitrages de haut niveau se dégradent, les relations se tendent et l’exécution s’enraye.
Repères concrets évoqués:
- Assumer les pauses et temps de récupération (sans culpabilité), pour mieux décider quand ça compte.
- Se faire accompagner (coach/psy) pour recaler l’alignement personnel et l’intention de leadership.
- Définir des bornes personnelles (temps familial de qualité, priorités non négociables).
- Porter dans l’entreprise une culture où il “fait bon travailler” (sens, plaisir, qualité des interactions).
Cette approche nourrit l’idée d’un mouvement de dirigeants qui veulent des organisations performantes et soutenables, parce qu’animées par des femmes et des hommes qui vont bien.
“N’attendons pas d’aller mal pour aller mieux. Prendre soin de soi sert le dirigeant, l’équipe et l’entreprise.”
Gouvernance fraternelle: outillage et règles du jeu
La co‑direction frère/sœur fonctionne parce qu’elle est outillée:
- Rôles distincts et assumés (opérationnel vs développement/diversification).
- Médiation/coach pour dépasser les désaccords et éviter les “compromis mous”.
- Un principe simple: si on n’est pas alignés, on ne laisse pas s’installer la demi‑mesure.
Impact Next Gen: préparer sans prédéfinir
La G4 est encore jeune. Le message retenu par Caroline:
- Transmettre l’envie… et le travail, sans écrire le scénario à leur place.
- Laisser des options (plusieurs branches) pour qu’envie et compétences se rencontrent, le moment venu.
- Ne pas confondre cadeau et fardeau: l’alignement personnel prime.
Trois conseils pratiques de Caroline Poissonnier
- Parler, parler, parler: la communication est la clé (dirigeants/associés, famille/entreprise). S’aider d’un tiers quand il faut trancher.
- Alignement et équilibre: travailler son “pourquoi”, sa raison d’agir; connaître ses besoins (temps, argent, contribution, etc.) pour éviter la dispersion et la frustration.
- Le “kiff”: chercher le plaisir au travail, parce qu’il diffuse dans l’écosystème (famille, équipes, partenaires) et soutient l’exécution.
À écouter pour nourrir sa pratique de dirigeant(e) familial(e).
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